Mercredi 18 octobre 2017 — Journal

Je me lève à 6h du matin, en sueur, après avoir passé une nuit très agitée. Je me sens bien mieux, les gens dorment et ce qui ne dorment pas sont éloignés sur la planète et n’ont que faire de mon cas. J’écoute un disque de mon groupe préféré depuis 25 ans qui me tournait dans la tête depuis hier soir.

Monster MagnetMastermind (2012).
@analog — #hard — 5/5.

Un prof de philosophie psychotique est passé par là. C’est drôle parce que ce sont les études que j’ai faites aussi. Corrélation entre philosophie et maladie mentale ? Fort probablement quand on étudie un peu la vie des philosophes tout au long de l’histoire.

7h13. Deuxième café, deuxième clope. Il fait toujours nuit, mais les gens commencent à se lever mollement. Des lumières sont éclairées ça-et-là. Je n’ai plus envie de faire quelque chose qui s’apparente à du travail. Je n’attends rien, je n’attends personne. Je me sens un peu plus libre comme cela. Retiré du monde, en ascèse moderne.

MinskWith Echoes in The Movement Of Stone (2009).
@analog — #hard — 4/5.

Une phrase gentille de ma compagne, probablement la seule de la journée (de phrase). J’échoue à écrire en retour une phrase qui ait un sens. Ma tête est en bouillie. Je finis par réécrire la phrase et j’ai honte. D’habitude, nous parlons Anglais sans arrêt, depuis un an et demi. Maintenant, c’est plus rare, donc je ne pense plus en Anglais. Je ne sais pas si je vais aller la voir en Mars finalement. On dirait que cela ne sert à rien. Et l’on se sent bien idiot tout à coup. On essaie de faire bonne figure, ne serait-ce qu’à soi-même. Bref, voilà la probable unique communication de la journée avec le monde extérieur. Six jours sur sept.

J’ai tout le temps de ruminer encore et encore. Avec de la musique, et c’est tout. La vie peut être tellement simple quand je la prends de cette manière. Bien entendu, c’est d’un ennui mortel, mais au moins la souffrance se perd peu à peu au fur et à mesure que ma personne disparaît du monde.

Étrangement, je ne suis pas fatigué. Je suis décalé par les médicaments du matin, mais rien de plus. Je n’ai pas envie de me coucher, comme d’habitude. Je vais probablement aller acheter des choses à manger aujourd’hui. Faire une lessive, ce genre de choses nécessaires pour les humains mais dont on se passerait bien. Je ne m’ennuie pas vraiment. J’ai l’habitude de passer des semaines tout seul, sans contact avec le monde des vivants. Disons que les choses étaient différentes avant. Je ne sais pas combien de jours depuis que tout s’est effondré malgré ma maîtrise de moi.

7h50. Il fait toujours nuit. C’est assez fou. Il ne fait pas froid. Mes cheveux longs touchent mes fesses, je ne m’en occupe plus depuis longtemps. Idem pour ma barbe que je ne coupe plus du tout. Je laisse pousser le tout et c’est très bien comme ça. Mon apparence ne compte pour rien, puisque je ne désire rien.

8h30. J’ai quelques bugs étranges sur mon ordinateur. La mise à jour vers High Sierra était probablement une mauvaise idée, aussi tôt je veux dire. Enfin, tant pis. Quelque chose m’empêche d’aller faire des courses. Je ne sais pas ce que c’est (si, en fait, mon aboulie). Il faut pourtant que j’y aille. Et ce serait bien de le faire tôt quand il y a peu de monde dans les rues.

MISHEntheogen (2017).
@analog — #harder — 3/5.

C’est ce que j’ai fait. J’ai mangé deux petits gâteaux et j’ai fait une sieste d’une heure pour me remettre du traumatisme des courses et de mon lever trop tôt. Je me sentirai mieux si je pouvais dormir encore une heure de plus. Rien ne m’en empêche. J’ai fumé une clope, je bois un Earl Grey de base.

Mon frère (de cœur, je suis fils unique, malédiction) m’appelle pour me proposer quelque chose  de très intéressant, mais de difficile. Trop pour moi en ce moment. Je ne me vois pas partir une semaine d’entraînement intensif, même avec lui comme instructeur, ce qui m’aurait beaucoup plu. On discute un bon moment, il me rappellera plus tard pour finir la conversation. Je dois le remercier chaudement.

Après discussion (la plus longue depuis un moment) avec ma compagne à l’autre bout du monde, je vais faire ce stage intensif de Systema. C’est un peu le bordel de dernière minute, mais je m’en moque pas mal.

Je me moque d’un peu tout puisque le retour à la normale de ma compagne ne risque pas d’arriver de sitôt d’après ce qu’elle me dit. Ce n’était pas le cas, mais j’ai un peu l’impression de m’être fait largué, après tout ce qu’on a vécu de difficile ensemble. Je ne comprends même pas vraiment. J’essaie de ne pas y penser, alors que je ne fais que ça. Ce n’est peut-être pas plus mal de partir une semaine sans réseau ni rien. Je ne sais pas. Je suis dégoûté quoiqu’il arrive. Il me faut quelqu’un pour garder le chat le second week-end, ce qui n’est pas gagné. On verra demain. Je déclare forfait pour cette journée.

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